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Plus beaux pays

Football au Cap-Vert : la fierté des Requins Bleus

Sur les plages dorées de Mindelo, dans les rues escarpées de Praia ou au creux des vallées volcaniques de Fogo, le football est partout. Il ne suffit que d’un ballon cabossé et de quelques pierres en guise de poteaux pour qu’un match s’improvise. Au Cap-Vert, le football n’est pas qu’un sport : c’est un souffle, une passion viscérale, un lien invisible qui unit les dix îles de l’archipel.

Et pourtant, ce petit pays de l’Atlantique, à peine un demi-million d’âmes, a réussi ce que beaucoup de grandes nations rêvent d’accomplir : faire vibrer tout un continent… et parfois même le monde entier.

Une petite nation, de grandes ambitions

Classé parmi les 30 plus petits pays du monde, le Cap-Vert n’avait rien d’un géant du ballon rond. Et pourtant, au fil des années, les “Requins Bleus” – c’est ainsi qu’on surnomme son équipe nationale – ont su se faire une place au soleil, à force de talent, de patience et de courage.

Leur meilleur classement FIFA ? 27e au monde. Pas mal pour une nation qui n’avait encore jamais disputé la moindre Coupe d’Afrique des Nations à l’aube des années 2000.

Les débuts d’une aventure (post-)coloniale

L’histoire débute réellement en 1975, lorsque le Cap-Vert obtient son indépendance du Portugal. Quatre ans plus tard, l’équipe nationale dispute son tout premier match international et l’emporte 3-0 contre la Guinée-Bissau. Un baptême prometteur.

Mais les débuts sont difficiles. Jusqu’en 2000, le Cap-Vert végète autour de la 180e place mondiale. Loin des projecteurs, sans véritable infrastructure, ni formation, ni visibilité. Pourtant, l’amour du jeu est là, ancré dans chaque ruelle, chaque cour d’école, chaque coin de plage.

De la terre battue au gazon : la révolution des terrains

C’est grâce au soutien de la FIFA que le vent tourne. Progressivement, des projets voient le jour : terrains en gazon, centres de formation, programmes pour les jeunes… L’archipel se dote enfin des bases pour rêver plus grand. Et ça paie.

La diaspora cap-verdienne, très présente en Europe, commence elle aussi à se tourner vers les couleurs bleues de l’équipe nationale. Là où certains choisissaient autrefois le Portugal, la France ou la Suède pour leurs carrières internationales, un retour aux sources s’opère. Aujourd’hui, de plus en plus de talents nés ou formés à l’étranger choisissent fièrement de représenter leur archipel d’origine.

Des stars d’origine cap-verdienne… ailleurs

Il faut dire que le Cap-Vert a offert au monde quelques perles. Même si elles n’ont pas toujours porté les couleurs des Requins Bleus, leur sang, lui, est cap-verdien. On pense bien sûr à Nani (Luís Carlos Almeida da Cunha), international portugais et ex-joueur de Manchester United, ou à Henrik Larsson, star suédoise aux origines multiples, passé par le Celtic et le Barça.

Ces noms rappellent que, même dans l’ombre, le Cap-Vert a longtemps produit des joueurs d’exception. Il manquait juste un tremplin pour les faire briller sous le bon maillot.

Le Cap-Vert en compétition : les grandes dates

🌍 Coupe du Monde

  • 2026 : Le Cap-Vert décroche pour la première fois de son histoire une qualification pour la Coupe du Monde. Un exploit historique qui propulse le pays sur la scène mondiale.

  • 2013 : Le rêve mondial frôle la réalité, mais tourne court. L’équipe se qualifie pour les barrages africains, avant d’être disqualifiée pour avoir aligné un joueur non éligible.

🏆 Coupe d’Afrique des Nations (CAN)

  • 2023 : Le Cap-Vert atteint les quarts de finale.

  • 2021 : L’équipe s’incline en huitièmes de finale.

  • 2015 : Une modeste 11e place, sans éclat mais avec de l’expérience en poche.

  • 2013 : L’une des plus belles performances avec une 7e place et un passage remarqué jusqu’aux quarts de finale.

✅ Matchs historiques

  • Victoire la plus marquante : Cap-Vert – Sao Tomé-et-Principe, 7 – 1 (2015). Un feu d’artifice offensif.

  • Plus lourde défaite : Sénégal – Cap-Vert, 5 – 1 (1981). Un souvenir lointain, presque effacé par les succès récents.

Un football profondément enraciné

Ce qui fait la force du football cap-verdien, ce n’est pas la démesure ni les millions. C’est une passion collective, une envie farouche d’exister par le jeu. Dans chaque village, sur chaque île, on joue au foot comme on respire. Peu importe le terrain, le niveau ou les chaussures : l’essentiel, c’est de jouer.

Le Cap-Vert n’a peut-être pas le palmarès du Sénégal ou de l’Égypte, mais il possède ce supplément d’âme qui fait les grandes histoires. Celle d’un petit archipel qui a décidé de croire en son étoile, ballon au pied.