L’archipel du Cap-Vert, avec ses paysages volcaniques, ses plages infinies et sa culture métissée, attire chaque année des voyageurs en quête d’authenticité. Mais derrière la carte postale se cache une réalité sanitaire qu’il convient d’anticiper pour garantir un séjour sans encombre. Préparer son voyage au Cap-Vert ne se résume pas à faire sa valise ; une préparation médicale rigoureuse est le gage de vacances sereines et réussies. Il s’agit de s’informer sur les vaccinations, les précautions contre les maladies vectorielles et les règles d’hygiène de base pour profiter pleinement de la morabeza capverdienne.
Vaccinations et précautions indispensables avant le départ
Une consultation médicale plusieurs semaines avant de s’envoler pour le Cap-Vert est une étape cruciale. Elle permet de faire le point sur les vaccins nécessaires et de recevoir des conseils personnalisés en fonction de son état de santé et des conditions du voyage.
Les vaccins obligatoires et recommandés
Contrairement à une idée reçue, aucun vaccin n’est administrativement obligatoire pour entrer sur le territoire capverdien pour les voyageurs en provenance d’Europe. Cependant, une exception de taille existe : la vaccination contre la fièvre jaune est exigée pour toute personne arrivant d’un pays où cette maladie est endémique, comme le Sénégal ou le Brésil. Il est impératif de vérifier la liste officielle des pays concernés avant le départ. Au-delà de cette obligation ciblée, il est fortement conseillé d’être à jour de ses vaccinations universelles.
- Diphtérie-Tétanos-Poliomyélite (DTP) : une mise à jour est essentielle.
- Hépatite A : recommandée pour tous les voyageurs, car la transmission se fait par l’eau ou les aliments contaminés.
- Hépatite B : en fonction de la durée et des conditions du séjour.
- Fièvre typhoïde : conseillée si le séjour est long ou se déroule dans des conditions d’hygiène précaires, notamment en zone rurale.
- Rage : peut être envisagée pour les séjours longs, aventureux ou en contact étroit avec des animaux.
Constituer sa trousse à pharmacie de voyage
Préparer une trousse de premiers secours adaptée est une mesure de prévoyance élémentaire. Elle doit contenir les médicaments personnels avec les ordonnances correspondantes, mais aussi de quoi soigner les petits maux du quotidien. Pensez à inclure : un antiseptique cutané, des pansements, un anti-diarrhéique, un antalgique de type paracétamol, une crème pour apaiser les piqûres d’insectes et une protection solaire à indice élevé. Votre médecin pourra vous conseiller sur des traitements spécifiques, comme un antibiotique à large spectre, selon la nature de votre périple.
Une bonne préparation médicale en amont permet d’aborder sereinement le voyage, en se concentrant sur la découverte plutôt que sur les imprévus sanitaires. Cette vigilance doit se poursuivre sur place, notamment face à un risque bien présent sur l’archipel : celui lié aux insectes piqueurs.
Moustiques : comment s’en protéger efficacement
Les moustiques au Cap-Vert ne sont pas seulement une source de nuisance ; ils peuvent être les vecteurs de plusieurs maladies. Une protection rigoureuse est donc de mise, en particulier durant certaines périodes et sur certaines îles.
Identifier les zones et périodes à risque
La présence des moustiques est plus marquée durant et juste après la saison des pluies, qui s’étend généralement d’août à octobre. Les îles plus vertes et humides comme Brava, Fogo ou Santo Antão sont particulièrement concernées. Les moustiques, notamment l’espèce Aedes aegypti, peuvent transmettre des maladies comme la dengue, le chikungunya et le virus Zika. Il est donc primordial d’adopter des gestes de prévention systématiques durant ces périodes.
Les gestes barrières contre les piqûres
Se protéger des moustiques est un effort de tous les instants, du lever au coucher du soleil. Plusieurs stratégies complémentaires doivent être mises en œuvre pour une efficacité maximale.
- Utiliser des répulsifs cutanés : appliquez sur les parties découvertes du corps des produits contenant du DEET, de l’icaridine ou de l’IR3535, en respectant les concentrations recommandées pour les adultes et les enfants.
- Porter des vêtements couvrants : privilégiez les vêtements longs, amples et de couleur claire, surtout à l’aube et au crépuscule, moments d’activité intense pour de nombreuses espèces de moustiques.
- Dormir sous une moustiquaire : assurez-vous que votre hébergement en est équipé, surtout si la climatisation n’est pas disponible. La moustiquaire doit être imprégnée d’insecticide et ne présenter aucun trou.
- Éviter les zones d’eau stagnante : ce sont les lieux de reproduction privilégiés des moustiques.
La protection contre les moustiques est un pilier de la prévention sanitaire, mais elle ne doit pas faire oublier un autre risque quotidien, celui lié à la consommation d’eau et d’aliments.
Sécurité de l’eau et recommandations pour boire en toute tranquillité
La question de l’eau potable est centrale pour tout voyageur. Au Cap-Vert, si des efforts importants ont été faits pour le traitement de l’eau, la prudence reste de mise pour éviter les troubles digestifs qui pourraient gâcher le séjour.
L’eau du robinet : un risque à ne pas prendre
Bien que l’eau du robinet soit traitée et déclarée potable dans les grands centres urbains comme Praia ou Mindelo, elle n’est pas recommandée à la consommation pour les voyageurs. L’organisme des touristes n’est pas habitué à sa composition minérale et aux micro-organismes potentiellement présents dans les canalisations. Il est donc plus sage de s’abstenir de la boire pour éviter tout risque de turista ou de maladies plus sérieuses.
Les bonnes pratiques pour une hydratation sans danger
Pour s’hydrater en toute sécurité, la meilleure option reste de consommer de l’eau en bouteille capsulée. Assurez-vous que la bouteille est bien scellée avant de l’acheter. Pour les autres usages et dans les situations où l’eau en bouteille n’est pas disponible, plusieurs précautions s’imposent.
| Usage | Recommandation |
|---|---|
| Boisson | Exclusivement de l’eau en bouteille scellée. |
| Glaçons | À éviter, car souvent préparés avec de l’eau du robinet. |
| Brossage des dents | Utiliser de l’eau en bouteille. |
| Lavage des fruits et légumes | Laver avec de l’eau purifiée ou les peler systématiquement. |
En l’absence d’eau en bouteille, il est possible de rendre l’eau potable en la faisant bouillir pendant au moins une minute ou en utilisant des pastilles purifiantes. Ces précautions sont essentielles pour préserver sa santé digestive.
Cette vigilance sur l’eau et l’alimentation est d’autant plus importante qu’elle participe à la prévention générale des maladies, y compris celles qui, comme le virus Zika, nécessitent une attention particulière.
Mesures préventives concernant le virus Zika
Le virus Zika, transmis principalement par le moustique Aedes, a été signalé au Cap-Vert. Bien que les symptômes soient souvent bénins pour la majorité de la population, le risque est majeur pour les femmes enceintes en raison de ses conséquences sur le fœtus.
Comprendre la transmission et les symptômes
Le virus se transmet par la piqûre d’un moustique infecté, actif principalement pendant la journée. Les symptômes courants incluent une fièvre modérée, une éruption cutanée, des douleurs articulaires et une conjonctivite. Cependant, une grande partie des infections sont asymptomatiques, ce qui complique le diagnostic. Une transmission par voie sexuelle est également avérée, ce qui impose des mesures de protection supplémentaires.
Actions préventives contre le Zika
La prévention du Zika repose sur les mêmes principes que la lutte contre la dengue ou le chikungunya, avec une rigueur accrue. Il s’agit de se protéger des piqûres de moustiques de manière intensive, de jour comme de nuit. L’utilisation de rapports sexuels protégés (préservatif) est également recommandée pendant toute la durée du séjour et plusieurs semaines après le retour, surtout si un projet de grossesse est envisagé.
Le risque associé au virus Zika impose une réflexion approfondie pour une catégorie de voyageurs particulièrement vulnérable : les femmes enceintes ou celles qui désirent l’être.
Conseils pour les femmes enceintes voyageant au Cap-Vert
En raison du risque de transmission du virus Zika et de ses graves complications pour le développement du fœtus, un voyage au Cap-Vert doit être mûrement réfléchi par les femmes enceintes.
Le risque de microcéphalie : une menace sérieuse
Il est scientifiquement établi qu’une infection par le virus Zika durant la grossesse peut provoquer de graves malformations congénitales chez le nouveau-né, notamment la microcéphalie, une anomalie caractérisée par une taille de tête anormalement petite et des troubles du développement neurologique. Face à ce risque, les autorités sanitaires internationales déconseillent aux femmes enceintes ou ayant un projet de grossesse à court terme de se rendre dans les zones où circule le virus.
Consultation médicale et décision de voyage
La première étape pour toute femme enceinte ou planifiant une grossesse est de consulter son médecin ou un spécialiste en médecine des voyages. Ce professionnel de santé pourra évaluer les risques de manière personnalisée et fournir les informations les plus à jour. Si le voyage ne peut être reporté, des mesures de protection draconiennes contre les moustiques devront être appliquées sans faille, et une vigilance de tous les instants sera nécessaire.
Que l’on soit une femme enceinte ou non, les risques sanitaires peuvent également varier considérablement selon que l’on séjourne dans les centres touristiques ou que l’on s’aventure dans des régions plus reculées de l’archipel.
Gérer les risques de santé en milieu rural et urbain
Le Cap-Vert présente une forte disparité entre ses zones urbaines, relativement bien équipées, et ses zones rurales, où l’accès aux soins et les conditions d’hygiène peuvent être plus précaires.
Les infrastructures de santé : un réseau inégal
Les principales villes, Praia sur l’île de Santiago et Mindelo sur São Vicente, disposent d’hôpitaux et de cliniques privées de qualité correcte. En revanche, dans les villages isolés ou sur les îles moins développées, les structures de santé sont souvent limitées à de petits dispensaires. Il est donc crucial de souscrire une assurance voyage couvrant les frais médicaux et un éventuel rapatriement sanitaire.
| Indicateur sanitaire | Zone urbaine (Praia, Mindelo) | Zone rurale (îles de Brava, Fogo) |
|---|---|---|
| Accès aux hôpitaux | Bon | Limité à inexistant |
| Qualité de l’eau du robinet | Traitée (non recommandée) | Souvent non potable |
| Hygiène alimentaire | Variable, mais offre contrôlée | Précautions accrues nécessaires |
| Présence de pharmacies | Nombreuses | Rare |
Prudence alimentaire en toutes circonstances
L’hygiène alimentaire est un enjeu majeur, que l’on soit en ville ou à la campagne. Il convient de respecter des règles simples mais efficaces pour éviter les intoxications. Privilégiez les aliments bien cuits et servis chauds. Méfiez-vous des crudités, des fruits de mer et des produits laitiers non pasteurisés. Une règle d’or à suivre est la suivante : « Faites-le cuire, bouillir, pelez-le ou oubliez-le ». Enfin, une hygiène des mains irréprochable, avec un lavage fréquent au savon ou l’utilisation d’un gel hydroalcoolique, est le meilleur rempart contre de nombreuses infections.
Un voyage réussi au Cap-Vert repose sur une bonne anticipation des questions de santé. Une consultation médicale avant le départ, le respect scrupuleux des mesures de protection contre les moustiques, une vigilance constante sur la qualité de l’eau et de la nourriture, et une attention particulière aux risques liés au virus Zika sont les clés pour profiter en toute quiétude des trésors de cet archipel. Bien préparé, le voyageur peut alors s’immerger dans la culture capverdienne et revenir avec des souvenirs impérissables et une santé intacte.



